Heurs et malheurs d’amateurs : rêve de variation, variation du rêve


Olesya Novikova dans la Variation du Rêve, ma version de référence pour mon travail sur cette pièce divine du répertoire

Les émotions du danseur classique amateur ne sont pas faits que de vilains complexes, mais aussi de beaucoup de rêves et de joies. Parmi eux, le Graal est de pouvoir aborder une œuvre du grand répertoire : petit ensemble ou variation.
Mon fantasme le plus fou était de travailler la Variation du Rêve (!) de Raymonda. Je connais enfin le bonheur indicible de le réaliser : une première répétition en cours particulier avec Lorena inaugure un long travail sur ce joyau du répertoire.
Danser le répertoire quand on est amateur ou s’en garder ? Pourquoi pas toi ? A quand ton tour ? Si tu te poses les mêmes questions, bonne lecture !

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Heurs et malheurs d’amateurs : Je suis nulle en pointes

Tu t’étais pourtant juré de mettre la gomme sur les pointes cette semaine / ce mois-ci / cette année. Mais tes voûtes plantaires lâchent lamentablement, tu te hisses péniblement sur les plateformes au prix d’une flexion des genoux et ne parviens jamais à les tendre sans te retrouver sur l’arête inférieure de ces quelques centimètres carrés du chausson d’où tu es supposée briller de mille feux. Quant aux relevés à partir d’un seul pied, ils te réservent une cuisante déconvenue à chaque tentative. Mais comment donc font les autres ?

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Soirée Noureev à Garnier

Il était temps de vous livrer quelques impressions de ma soirée de rentrée à Garnier ce mardi 6 octobre, pour la première du spectacle Noureev : joie immense de revoir les danseurs sur scène, conditions très spéciales des ballets de la rentrée 2020, ce que j’ai aimé ou moins.

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Opéra de Paris : des distributions oligarchiques

Les amoureux du ballet, moi la première, sont ravis de retrouver sur la scène de Garnier d’immenses artistes à l’occasion des deux programmes de la rentrée sous forme de galas, mis en place pour cause de mesures sanitaires : la Soirée des Etoiles et le spectacle Noureev. Mais à cette joie se trouve mêlée une certaine surprise, voire quelque tristesse, pour ne pas dire un brin de courroux, devant le manque d’alternance dans les distributions.

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Heurs et malheurs d’amateurs : je suis trop grosse

Que tu commences tardivement la danse classique ou, pire, que tu t’y remettes après de nombreuses années d’abandon, le choc du miroir peut être extrêmement rude et s’installer durablement comme un ennemi de ta pratique. Ce fut mon cas et ça l’est encore, dans une moindre mesure. Si tu te reconnais dans ces lignes, j’espère qu’elles pourront t’apporter quelque réconfort.

Désolée pour nos camarades masculins : je me suis permis de féminiser le titre d’emblée parce qu’il me semble que ce complexe, au cours de danse, est surtout celui de ces dames.

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Heurs et malheurs d’amateurs

Je sais que beaucoup d’adultes hésitent à pousser la porte des studios de danse pour débuter ou reprendre tardivement cet art. Que bien des peurs, des complexes ou des difficultés conduisent au renoncement.

J’ai voulu ce blog comme un lieu de partage sur la pratique du ballet en tant qu’adulte amateur, espérant conforter les candidats à cette aventure dans leur belle démarche. Les rêves que tu nourris sont trop précieux pour les laisser se flétrir avant qu’ils portent leurs fruits. Mais voilà : je ne suis ni professeur de danse ni kiné ou nutritionniste et ne me sens donc aucune légitimité à prétendre délivrer des conseils à quiconque.

J’ai en revanche toute la légitimité du vécu pour témoigner des difficultés, complexes, rêves, joies, déceptions que j’ai pu rencontrer dans mon parcours d’amateur, des solutions que j’ai testées non sans de longues errances, des questions que j’ai encore…

C’est donc ce que j’aimerais partager dans une série « Heurs et Malheurs d’Amateurs », si possible dans la bonne humeur. Si ces billets peuvent apporter à certains réconfort, encouragement, sentiment de connivence, j’en serai ravie. Alors n’hésite pas à commenter : l’expérience de chacun a ici la même valeur.

 © Christine Reynaud, alias Marie-Pirouette

Rentrée 2020 : danser comme si tout devait finir demain

Le désert estival a pris fin. Comme vous peut-être, je me suis ruée au studio de danse pour la reprise des cours. Entre incertitudes sanitaires et temps qui passe, rarement danser m’aura paru si urgent. Danser à s’en étourdir, à risquer la blessure qu’on espère tant éviter.

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Je danse donc je suis

Dans l’histoire du monde comme dans la vie personnelle de chacun, Il est des moments, où la mort et le malheur frappent alentour, rôdent, menacent. Dans un contexte quasi-apocalyptique, est-il bien raisonnable de penser à danser, a fortiori quand il s’agit d’un loisir ? Mais au fait, qui a dit que le raisonnable était la panacée ? Voici quelles méditations accompagnent ma routine, à la veille d’une très brève évasion dans les montagnes et avant de retrouver l’agitation de la rentrée, mais aussi le chemin des studios de danse, du moins je l’espère.

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Maudits petits battements !

Entre confinement et fermeture estivale de nos studios préférés, nous aurons à coup sûr gagné en expérience du travail solitaire dans un coin de cuisine ou de salon. L’occasion de reprendre ses fondamentaux (pas comme si on avait le choix, dans 3 m²) et de mesurer à quel point les basiques sont sans pitié. 

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Le syndrome du boulet ou le drame de l’amateur

À moins d’être fort peu lucide sur ce qu’on produit ou totalement inconscient de l’exigence attendue par les canons du ballet, danser en amateur suppose une démarche perpétuellement tiraillée entre l’absence totale d’illusions sur la valeur objective de notre travail et la recherche sans concession de la perfection. Oui, je dis bien recherche de la perfection qu’il importe à mon sens de maintenir : elle est en tout cas mon moteur essentiel, comme chez beaucoup de mes camarades de cours, je crois. À cette source fatale d’inconfort narcissique peut s’ajouter la mortification du miroir… ou du regard du professeur.

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