Que reste-t-il de nos amours ?

Près de deux mois que je n’ai pas écrit. A quoi bon ? Pour faire du trafic avec les marronniers de la blogosphère en temps de COVID19 ? Au diable. Autant le dire tout net : ma vie de danseuse amateure est au point mort. Si je reprends ma plume aujourd’hui, c’est parce que, comme quiconque prétend aimer le ballet, je suis sous le choc du décès de Patrick Dupond. A un point qui me surprend moi-même.

Roses blanches
Ses proches souhaitaient des fleurs blanches… Crédit wallpapers4screen
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Diversité dans le ballet de l’Opéra de Paris : beaucoup de bruit pour… autre chose ?

La polémique fait rage autour de la diversité dans le ballet de l’Opéra de Paris, largement attisée par des figures douteuses. Que cache la subite hystérie médiatique sur cette question ? A qui profite le buzz autour d’une prétendue liquidation du répertoire de ballet romantique à l’Opéra de Paris ? A y regarder de plus près, il apparaît que ce qui se trame dans ce pseudo-débat a fort peu à voir avec le ballet et que les forces politiques qui soufflent sur les braises nourrissent bien d’autres préoccupations que le patrimoine chorégraphique de l’Opéra.

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Ballet : nos vies superflues

Nous y sommes ! Doublement. Après l’annonce du second confinement, je vous préparais un petit papier sur les gros nuages qui bouchent l’horizon de l’amateur de ballet, d’art et de culture en général, mais plus encore des professionnels. Et voilà que le virus m’a frappée. KO pour une dizaine de jours, je refais surface et ce ne sont plus des nuages mais la pluie de cendres qui a déjà eu raison de plusieurs institutions. Bien d’autres hurlent au secours et non des moindres.

Que restera-t-il après le déluge ? Dans quel état sortirons-nous de notre assignation à résidence dans les cellules souvent étroites de nos demeures ? Que nous dit cet épisode de la place du ballet, de la culture et de chaque individu dans nos sociétés ?

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Ma scandaleuse collection de justaucorps

Je n’ose même plus les compter. Voilà un peu plus de 3 ans que j’ai repris la danse et je dois entasser une bonne quinzaine de justaucorps dans mes tiroirs. J’avoue ma honte d’une telle compulsion consumériste.

Comme je crois que cette étrange pathologie est partagée par nombre de mes condisciples, je vais essayer d’en trouver les ressorts et les remèdes. Après tout, cette période de confinement est un moment opportun pour s’interroger sur les vanités qui s’attachent à notre passion.

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Hommage à Violette Verdy

Violette Verdy (1933 – 2016), aussi connue comme interprète que comme pédagogue, laisse à tous un souvenir lumineux. Loin de la figure évanescente voire chlorotique de la ballerine romantique, elle incarne une danse vive, solaire, volontiers pétillante et une magnifique représentante du style balanchinien.

Violette Verdy en émeraude des Joyaux de Balanchine, 1967, NYCB
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Heurs et malheurs d’amateurs : rêve de variation, variation du rêve


Olesya Novikova dans la Variation du Rêve, ma version de référence pour mon travail sur cette pièce divine du répertoire

Les émotions du danseur classique amateur ne sont pas faits que de vilains complexes, mais aussi de beaucoup de rêves et de joies. Parmi eux, le Graal est de pouvoir aborder une œuvre du grand répertoire : petit ensemble ou variation.
Mon fantasme le plus fou était de travailler la Variation du Rêve (!) de Raymonda. Je connais enfin le bonheur indicible de le réaliser : une première répétition en cours particulier avec Lorena inaugure un long travail sur ce joyau du répertoire.
Danser le répertoire quand on est amateur ou s’en garder ? Pourquoi pas toi ? A quand ton tour ? Si tu te poses les mêmes questions, bonne lecture !

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Heurs et malheurs d’amateurs : Je suis nulle en pointes

Tu t’étais pourtant juré de mettre la gomme sur les pointes cette semaine / ce mois-ci / cette année. Mais tes voûtes plantaires lâchent lamentablement, tu te hisses péniblement sur les plateformes au prix d’une flexion des genoux et ne parviens jamais à les tendre sans te retrouver sur l’arête inférieure de ces quelques centimètres carrés du chausson d’où tu es supposée briller de mille feux. Quant aux relevés à partir d’un seul pied, ils te réservent une cuisante déconvenue à chaque tentative. Mais comment donc font les autres ?

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Soirée Noureev à Garnier

Il était temps de vous livrer quelques impressions de ma soirée de rentrée à Garnier ce mardi 6 octobre, pour la première du spectacle Noureev : joie immense de revoir les danseurs sur scène, conditions très spéciales des ballets de la rentrée 2020, ce que j’ai aimé ou moins.

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Opéra de Paris : des distributions oligarchiques

Les amoureux du ballet, moi la première, sont ravis de retrouver sur la scène de Garnier d’immenses artistes à l’occasion des deux programmes de la rentrée sous forme de galas, mis en place pour cause de mesures sanitaires : la Soirée des Etoiles et le spectacle Noureev. Mais à cette joie se trouve mêlée une certaine surprise, voire quelque tristesse, pour ne pas dire un brin de courroux, devant le manque d’alternance dans les distributions.

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Heurs et malheurs d’amateurs : je suis trop grosse

Que tu commences tardivement la danse classique ou, pire, que tu t’y remettes après de nombreuses années d’abandon, le choc du miroir peut être extrêmement rude et s’installer durablement comme un ennemi de ta pratique. Ce fut mon cas et ça l’est encore, dans une moindre mesure. Si tu te reconnais dans ces lignes, j’espère qu’elles pourront t’apporter quelque réconfort.

Désolée pour nos camarades masculins : je me suis permis de féminiser le titre d’emblée parce qu’il me semble que ce complexe, au cours de danse, est surtout celui de ces dames.

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