Mes pas de deux préférés

… du moins parmi ceux que je connais

Désolée, j’ai tardé par rapport au calendrier annoncé. Il faut dire que vous ne vous êtes pas bousculés pour participer. Je vous livre donc comme promis mes pas de deux préférés, sachant que ce n’est pas le genre que je préfère en ballet, loin de là.

And the winner is….

Je vous avais prévenus : point de grand classique romantique sur la plus haute marche du podium.

Mon pas de deux préféré est à ce jour… celui de En Sol de Jerome Robbins, sur le mouvement lent du concerto en sol de Ravel. Rencontre miraculeuse d’une musique de rêve et d’une chorégraphie à sa hauteur, dans une esthétique néoclassique pure de tout chichi, mais aussi de tout pathos. Et cela fait du bien à la danse, qui en sort glorieuse ! Beaucoup de jeux entre pas en miroir / parallèles, entre face à face et regards dans la même direction.

Ensuite ? Euh…

Je vous donne en vrac, sans ordre précis :

Eh non, pour le second cité, toujours pas de pathos, pas d’amoureux transis, pas de drame et même pas de personnages principaux mais des seconds rôles : Giselle, Pas de Deux des paysans, pour sa chorégraphie diablement inventive et fraîche comme un printemps. Lorsqu’en plus c’est Myriam Ould-Braham qui nous le sert du bout de ses petits pieds parfaitement pointés et dans un sourire délicieux, on ne saurait résister.

Bon, parce qu’on ne peut quand même pas faire sans, on va y ajouter deux grands pas de deux tchaïkovskiens. Essentiellement pour leur musique, car leur chorégraphie me laisse de marbre comme tous les pas de deux très classiques, en fait.

Je commencerai donc par ne pas citer celui que tout le monde attend, histoire de vous embêter et annonce : Belle au Bois Dormant Acte III (PDD du mariage). Cette musique de La Belle, le pas de deux comme tout le ballet, me fascine de plus en plus : derrière son caractère solaire et presque convenu d’airs de cour perce dans l’orchestration le mystère du conte, le fantastique toujours prêt à surgir comme un fantôme dans le placard.

Je nommerai aussi, car on ne peut tout de même pas l’évacuer, le Lac des Cygnes acte II, donc le pas de deux avec Odette, son exposition au violon si terriblement russe, reprise à deux voix avec l’arrivée du violoncelle. A écouter en pleurant après une vodka pour être tout à fait dans la couleur locale.

Je sauverai peut-être de justesse le pas de deux « à l’écharpe » de l’acte blanc de La Bayadère, pour sa musique nostalgique et ses fouettés contrôlés comme elle tout en rondeur.

Les grands absents

Je n’ai pas fait mention du grand pas de deux du Casse-Noisette. J’ai toujours été un peu gênée par le décalage entre sa musique lyrique à l’extrême (à l’excès ?) et la chorégraphie particulièrement statique, raide, anti-musicale de la version Noureev, servie quasi-systématiquement désormais.

Et alors ? Même pas le pas de deux de l’acte II de Giselle ? Non. La musique en est si pauvre… Je préfère à ce numéro mythique la courte scène de l’adieu final, le dernier geste tendre de la belle revenante qui déjà s’évanouit sur une flûte tremblotante comme le jour s’apprête à poindre. Ce finale m’a toujours émue aux larmes, bien plus que le fameux adage bel canto au violoncelle du fameux pas de deux du même acte blanc.

Et vous ? Quels sont vos pas de deux favoris ? Et surtout pourquoi ? Non, « parce que c’est trooooop bôôôô » n’est pas une réponse valide. Veuillez développer (sans jeu de mots) SVP.

Marie-Pirouette

© Christine Reynaud

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s