Je danse donc je suis

Dans l’histoire du monde comme dans la vie personnelle de chacun, Il est des moments, où la mort et le malheur frappent alentour, rôdent, menacent. Dans un contexte quasi-apocalyptique, est-il bien raisonnable de penser à danser, a fortiori quand il s’agit d’un loisir ? Mais au fait, qui a dit que le raisonnable était la panacée ? Voici quelles méditations accompagnent ma routine, à la veille d’une très brève évasion dans les montagnes et avant de retrouver l’agitation de la rentrée, mais aussi le chemin des studios de danse, du moins je l’espère.

Vieux monde, je danserai sur tes ruines !

Pandémie, récession majeure à l’échelle mondiale, péril environnemental, catastrophes industrielles mortifères, conflits armés et violences asymétriques, montée des radicalisations en tout genre, des intolérances… On ne peut pas dire que les temps portent à l’optimisme ni même à la sérénité.

A titre plus personnel, je vois la maladie, la sénilité et la mort frapper autour de moi très cruellement depuis quelques années : un « droit d’aînesse », probablement, que je céderais volontiers. Professionnellement, me voici retournée cinq ans en arrière, à devoir redémarrer une activité indépendante dans un contexte incomparablement plus inquiétant.

Rarement danser m’est autant apparu comme une nécessité vitale… sauf peut-être après la mort tragique de Maman, où le retour à la danse s’est imposé comme une planche de salut. Peut-être aussi comme un devoir de mémoire : faire revivre un lien qui m’unissait à elle, quand elle me soutenait avec tant d’énergie aimante dans mes rêves d’enfant. Le ballet se rappelle toujours à moi dans les moments les plus critiques. La beauté, le mouvement et la musique sont à peu près aussi futiles que l’air que nous respirons. Écroule-toi donc, vieux monde, comme le temple de Solor ! Les ombres ne danseront que mieux, libérées de leur carcan. La danse te précédait et te survivra.

Les priorités intouchables de nos sociétés ne font-elles pas partie d’un monde voué à sa perte ? N’est-ce pas une des stratégies d’un règne finissant, d’une dictature de la croissance, pour faire taire par avance toute révolte de sujets libres et dansants ?

Le monde d’après sera dansant ou ne sera pas

Pour cette rentrée, je m’abstiens de me fixer de bonnes résolutions en matière de danse. Je sais trop combien elles peuvent se trouver trahies et, surtout, danser est devenu pour moi une démarche si vitale que l’action l’emporte quoi qu’il arrive sur le résultat, les moyens, les modalités.

Il est tout de même une résolution que je forme. Puisqu’un nouveau départ professionnel et un changement de vie s’imposent à moi, alors j’impose aussi mes conditions. Ils devront ménager une digne place à la danse. Caprice ? Non : survie.

Et vous, dans quelles dispositions abordez-vous cette rentrée ? Douce fin d’été à vous et à très bientôt dans les studios.

© Christine Reynaud, alias Marie-Pirouette

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