Rentrée 2020 : danser comme si tout devait finir demain

Le désert estival a pris fin. Comme vous peut-être, je me suis ruée au studio de danse pour la reprise des cours. Entre incertitudes sanitaires et temps qui passe, rarement danser m’aura paru si urgent. Danser à s’en étourdir, à risquer la blessure qu’on espère tant éviter.

La COVID donne le ton

Les copains sont là, les inlassables mangeurs de ronds de jambes, les collectionneurs de relevés « pour le plaisir » et les forçats volontaires des fondus. Sur les visages se peignent à la fois l’excitation de retrouver un cadre plus approprié à notre passion que 2,5 m2 entre la commode et le lit, mais aussi l’incertitude inquiète qui pèse sur cette fragile reprise des cours de danse, alors même que la seconde vague de la COVID emplit les médias. On note même déjà une grogne contenue, une résignation de mauvaise grâce envers la course d’obstacle imposée pour l’accès aux cours en effectif limité : manque de places, curée sauvage sur les inscriptions en ligne dès leur publication.

Les professeurs redoublent de discipline sanitaire et d’enthousiasme communicatif : je pense ne jamais trouver les mots pour les louer selon leurs mérites.

Le contexte quasi-apocalyptique imprime une étrange marque à cette rentrée ballet et nous presse de danser comme si le chaos final était pour demain, ce qui n’est après tout pas exclu.

La fureur de vivre, la rage de danser

La première semaine me réserve plutôt de bonnes surprises : je retrouve mes facultés en pointes telles que je les avais laissées et me sens relativement légitime dans les cours classiques exigeants de Frédéric. Ma raideur de piquet fossilisé m’apparaît comme un désagrément aussi attendu que bénin : deux mois devraient en venir à bout. La seconde semaine d’un programme de cours ambitieusement chargé me rappelle gentiment mon statut d’amatrice vieillissante. Une douleur apparaît au genou et joue à cache-cache depuis. Les bonheurs du ballet senior…

Je sais qu’il ne me reste que peu d’années pour espérer restaurer un niveau amateur avancé, travailler quelques variations ou de petits ensembles avec les copains du cours, réaliser quelques rêves. L’envie de mettre les bouchées doubles le dispute à la crainte de la blessure fatale. Le tic-tac du temps qui passe et la crainte d’une fermeture des cours donnent une saveur bien particulière à cette rentrée. Cette année de danse sera intense ou ne sera pas.

Vous trouverez de précieux conseils pour cette rentrée très particulière chez Danses avec la Plume : https://www.dansesaveclaplume.com/a-la-barre/1106093-conseil-pratique-la-reprise-des-cours-de-danse-avec-la-covid-19

Bonne reprise à vous !

© Christine Reynaud, alias Marie-Pirouette

2 réflexions au sujet de “Rentrée 2020 : danser comme si tout devait finir demain”

  1. Rentrée bizarre, mais nous sommes quand même bien contentes de danser. C’est sûr, on espère que ça ne va pas s’arrêter avec un reconfinement, mais pourquoi un article aussi anxiogène ?

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    1. Ravie de savoir que la joie l’emporte pour vous, voire qu’elle est sans partage. Chacun vit ces moments à sa manière. Pour ma part, les sentiments étaient mêlés et c’est ce que j’ai tenté de transcrire. Désolée que mes propos aient pu susciter chez vous une anxiété qui vous épargnait. Que la joie de danser soit votre meilleur remède ! Bonne journée.

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