Hommage à Violette Verdy

Violette Verdy (1933 – 2016), aussi connue comme interprète que comme pédagogue, laisse à tous un souvenir lumineux. Loin de la figure évanescente voire chlorotique de la ballerine romantique, elle incarne une danse vive, solaire, volontiers pétillante et une magnifique représentante du style balanchinien.

Violette Verdy en émeraude des Joyaux de Balanchine, 1967, NYCB

Une gloire transatlantique du ballet

Formée à Paris entre autres par Victor Gsovsky (oui, le chorégraphe du Grand Pas Classique), Violette Verdy danse dans plusieurs compagnies parisiennes.

Elle se produit aux Etats Unis d’abord comme invitée de l’American Ballet Theatre, avant de poursuivre sa carrière au New York City Ballet alors dirigé par Georges Balanchine, où elle trouve l’emploi idéal de sa technique précise comme de son style personnel vif et lumineux. Paradoxalement, sa french touch marquée, très appréciée des chorégraphes et maîtres de ballet outre-Atlantique, lui a permis de devenir une des plus belles représentantes du néo-classicisme américain.

Violette Verdy demeure dans les esprits comme l’une des muses de « Mister B. », qui créa pour elle plusieurs rôles, dont celui de la soliste du Tchaïkovsky Pas de deux ou de l’Emeraude des Joyaux.

Elle est aussi une interprète de prédilection et inspiratrice de Jerome Robbins, qui compose pour elle plusieurs rôles majeurs dans Dances at a Gathering en 1969 ou In the Night en 1970.

Elle reviendra par la suite à Paris, dans le poste de Directrice de la Danse à l’Opéra de Paris à la fin des années 70, sur la proposition de Rolf Liebermann, avant de prendre la direction du Boston Ballet en 1980.

Une pédagogue révérée

Bien avant de quitter la scène, Violette Verdy s’est attachée également à l’enseignement de son art, contribuant à perpétuer le style balanchinien et à en diffuser la connaissance. Son activité de professeur, coach, jury de concours, menée jusque dans ses dernières années, participe largement à sa postérité. Outre le travail usuel du professeur et répétiteur en studio de danse, elle partageait son expérience à l’université de l’Indiana et donnait de nombreuses conférences.

Violette Verdy est décédée à Bloomington (Indiana) en 2016, de manière assez brutale, des suites d’un AVC.

Ses élèves témoignent en nombre de ses talents pédagogiques mais aussi de son enthousiasme, de son humour, d’une personnalité attachante et très regrettée.

Je laisse volontiers cette grande artiste clore elle-même cet hommage : la vidéo qui suit, malgré la piètre qualité de l’image, convaincra chacun bien mieux que moi de sa technique ébouriffante, de l’étendue de son talent et de son style si vivant.

Marie-Pirouette
© Christine Reynaud

Violette Verdy dans la variation féminine du Tchaïkovsky Pas de Deux, de Balanchine

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