Que reste-t-il de nos amours ?

Près de deux mois que je n’ai pas écrit. A quoi bon ? Pour faire du trafic avec les marronniers de la blogosphère en temps de COVID19 ? Au diable. Autant le dire tout net : ma vie de danseuse amateure est au point mort. Si je reprends ma plume aujourd’hui, c’est parce que, comme quiconque prétend aimer le ballet, je suis sous le choc du décès de Patrick Dupond. A un point qui me surprend moi-même.

Roses blanches
Ses proches souhaitaient des fleurs blanches… Crédit wallpapers4screen

Comme beaucoup, comme vous peut-être, l’annonce du décès de Patrick Dupond m’a abasourdie. Bien au-delà de ce que je me serais figuré. Je ne vais pas raconter que je l’idolâtrais : il ne comptait pas parmi mes danseurs favoris, même si son talent est indéniable, son charisme unique. Alors pourquoi un tel choc ?

Le personnage, sa générosité, sa candeur, y sont certainement pour beaucoup. Dans le parterre faisandé des shows TV où Patrick s’était fait une place en fin de carrière, un seul de ses sourires, un seul de ses propos attentionnés rachetait mille compromissions du paysage télévisuel.

Assurément aussi, Patrick incarne à jamais la jeunesse. Il est, pour l’Eternité, la jeunesse insolente, entière, excessive, souriante, virtuose et pourtant encore empreinte de cette gaucherie magnifique des purs qui ne connaissent pas tous les codes. C’est la jeunesse qui est morte, malgré ses 61 ans. Et cette idée est en soi révoltante.

Enfin, c’est surement notre propre jeunesse que nous pleurons avec lui. Un pan de notre histoire, a fortiori si la danse a compté dans notre parcours. Les années Noureev à l’Opéra, Guillem, Guérin, Loudières. Un morceau de nous-mêmes surement aussi pour le quidam. Qui ne connaissait Patrick Dupond, dans les années 80 ? Nos années d’enfance, d’adolescence ou de jeunes adultes pour la plupart d’entre nous. Les années disco avec leur lot de kitsch, de crinières en choucroute et de paillettes. Les années Lady Di, Thierry Mugler, Indiana Jones, Bagdad Café, Apple McIntosh, Minitel. Loin du talent de Patrick, tout cela ? Certes. Mais le génie de cet elfe éternel n’était-il pas de se faire si proche qu’il emportait nos vies trop étroites et nos rêves d’envol dans un manège de coupés-jetés ?

Adieu Patrick, adieu l’artiste, adieu l’enfant terrible du ballet français.

Marie-Pirouette
© Christine Reynaud

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